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Quartararo champion du monde : Fabioleux !

Le 24 octobre dernier, Fabio Quartararo a été sacré premier Français champion du monde de MotoGP, à seulement 22 ans. S'il a réalisé son rêve de gosse, il n'en n'a pas moins fait rêver la France entière ! Retour sur cet événement mémorable du monde de MotoGP.

Il y a quelques petites années, nous n’en aurions même pas rêvé. Ou pas vraiment. Ou pas sérieusement. Ou de très loin… Bien avant que les saisons ne commencent en somme. Si nous avions déjà eu l’occasion - et même de nombreuses occasions - de bomber le torse devant le drapeau tricolore accroché tout en haut du mât, c’était quand il flottait sur le classement final des catégories intermédiaires, celles des 125 et 250 cm3 2-temps, des Moto2 plus récemment, avec Christian Sarron (c’était bien avant la fin du précédent millénaire, en 1984), puis Olivier Jacque (2000), Arnaud Vincent (2002), Mike di Meglio (2008) et plus récemment Johann Zarco (2015-2016), la catégorie reine, elle, était restée un territoire définitivement vierge...

Alors d’accord, une botte bleu/blanc/rouge était bien déjà montée sur le toit du monde, mais elle n’y était pas restée très longtemps, juste une fois, pour une seule course, ou plutôt deux, un GP remporté en Allemagne par Christian Sarron en 1985, un autre en Espagne par Régis Laconi en 1999… Quatorze années entre ces deux victoires… Et 21 de plus avant qu’un autre français ne reprenne l’ascension ! Sauf que cette fois, par la manière, la vista, le talent, on s’est vite dit que, peut être, certainement même, on tenait là enfin le pilote capable non seulement de remporter des courses MotoGP, mais aussi de coiffer le championnat.

En 2020, à peine sorti d’un confinement sévère, Fabio Quartararo nous envoyait une immense bouffée d’oxygène en même temps qu’il enrhumait ses adversaires lors des deux premières courses disputées à Jerez, s’y imposant en patron. Un statut qu’il portera longtemps durant la saison, remportant même une troisième épreuve, toujours en Espagne mais du côté Barcelone cette fois…

Et puis sa moto et lui ont peu à peu perdu le fil, ratant le titre de pas grand chose au final. Un rendez-vous manqué peut-être, reporté plus sûrement. Le jeune Fabio a vu. Il sait désormais. Et il va apprendre très vite de ses erreurs. Un hiver pour digérer, laisser reposer, et c’est avec assurance, méthode et vista qu’il va construire son année 2021.

Sans fausse note et avec autorité, Fabio Quartararo a su dompter le pack MotoGP. Le plus souvent flamboyant, à minima très solide, intelligent, calculateur, le pilote Yamaha a survolé la saison, allant jusqu’à réussir un alunissage époustouflant lors du GP de Misano qui lui offre son premier titre de champion du monde en catégorie reine, et par la même occasion, le nôtre. Celui que la France attendait depuis que les Grand-Prix existent. « Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité » aurait lancé Neil Armstrong en posant le premier le pied sur la lune. Côté symbolique, pour les français passionnés de moto que nous sommes, il y avait quelque chose d’une dimension approchante au moment où Fabio a franchi la ligne d’arrivée italienne. Une ascension vertigineuse conclue dimanche 24 octobre, d’un petit bon presque insignifiant vers la plus haute marche du podium, sur le toit du monde. La tête basculée en arrière et les yeux pointés vers un ciel où peut être, même en plein jour, Quartararo voyait la lune...

 

Crédit photo : Yamaha Motor Racing Srl

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